Qu’est-ce que l’agroécologie ?

Tout le monde appréhende très bien le concept d’agriculture. L’agriculture est en effet, l’art de cultiver la terre pour en récolter des fruits, des feuilles, etc., pour l’usage de tous les êtres vivants et parfois mêmes des êtres non vivants. Par exemple, pour les hommes, cet art permet de se nourrir. De la même manière, on connaît bien ce que c’est que l’écologie. L’écologie, c’est l’étude des relations qui existent entre les plantes, les animaux, l’environnement biologique et l’environnement physique. Mais ce qu’on connaît moins, c’est l’agroécologie. Ce mot se décompose en deux termes bien connus, mais se révèle plus complexe, ensemble. Voyons alors ce que c’est que l’agroécologie, les différentes pratiques écologiques. Nous verrons à la fin quelques avantages de l’agroécologie.

Définition de l’agroécologie

Le concept d’agroécologie s’utilise tant dans l’agriculture que dans l’agronomie. Le mot agroécologie désigne une discipline scientifique ou un ensemble de pratiques agricoles. Mais l’agroécologie est aussi un mouvement social. Ce sont ces trois facteurs qui définissent l’agroécologie. C’est pourquoi nous définirons le concept en suivant ces trois angles.

L’agroécologie comme science : l’agroécologie est considérée comme une science voisine de l’agriculture et de l’écologie. Pour bien le comprendre, il faut en connaître la genèse. C’est en 1928 que le terme est utilisé pour la première fois par Basil Bensin. Bensin utilise le concept alors pour dépeindre l’utilisation des méthodes écologiques qui sont appliquées à la recherche agronomique. Le mot est davantage utilisé, quand dans les années 50, le zoologiste et écologue allemand Tishler utilisa le terme pour retracer le résultat de ses recherches sur la régulation des ravageurs par la gérance des interactions entre les composantes biotiques, chimiques, physiques et humaines des agrosystèmes. De façon toute simple, l’agroécologie comme science applique les principes de l’écologie à l’agriculture. Cette notion a donné naissance au concept d’agroécosystème. Ce fut l’écologue Odum qui créa ce concept. Le professeur Miguel Altieri définit l’agroécologie comme « la science de la gestion des ressources naturelles au bénéfice des plus démunis confronté à un environnement défavorable ».

L’agroécologie comme mouvement social : On comprend bien l’agroécologie quand on le définit comme science. Mais ce qu’on n’arrive pas à bien comprendre, c’est l’agroécologie comme mouvement social. Et pourtant c’est un concept qui met d’accord beaucoup de scientifiques, beaucoup d’agriculteurs, et même beaucoup de commerçants. Car nous sommes à l’ère de l’écologie. Il y a une vraie révolution verte qui est en train de se mettre en place. La définition de Altieri de l’agroécologie est assez claire. Même s’il définit l’agroécologie comme une science, il n’oublie pas d’ajouter qu’elle est au bénéfice des plus démunis, confrontés à un environnement défavorable. On remarque ainsi la dimension sociale de l’agroécologie. C’est dire que l’agroécologie n’est plus seulement une science, c’est aussi un mouvement social. Elle a des composantes écologiques et sociales qui contribuent à la production, à la distribution et à la consommation de la nourriture. C’est en cela que beaucoup de scientifiques justifient l’aspect social de l’agroécologie.

L’agroécologie comme un ensemble de pratiques agricoles : Une science qui ne se met pas en application n’a pas de raison d’être. Aujourd’hui, l’agroécologie n’est pas qu’une science hypothétique. Elle est un ensemble de pratiques, un ensemble de techniques agricoles mises en application. En Amérique latine, les pratiques agro écologiques ont rapidement l’ascendance sur les pratiques agricoles. Et ces pratiques ont pour but d’augmenter la production agricole des petits producteurs, sans beaucoup recourir aux intrants qui sont issus de la synthèse chimique. Et comme le l’Amérique latine est une zone du monde assez pauvre, l’agroécologie a été rapidement adoptée par beaucoup de producteurs, et ces pratiques ont été très vite généralisées.

Les différentes pratiques agro écologiques

Les pratiques agro écologiques fondamentales sont : l’accroissement de la biodiversité, le travail du sol, la fertilisation, les traitements phytosanitaires, l’utilisation de plantes constituant une barrière physique au déplacement des ravageurs, la lutte biologique, etc. Voyons plus en détail certaines pratiques.

  • L’accroissement de la biodiversité : l’agroécologie oblige à éviter les monocultures ayant besoin d’intrants en énergie, en pesticides et engrais, en vue de l’accroissement de la biodiversité. Pour être plus explicite, cela implique l’utilisation de rotations parfois très longues, et de cultures associées, permettant de profiter de la facilitation ou de la complémentarité des niches écologiques des diverses espèces (jardins créoles, associations céréales-légumineuses, milpa, etc.) ;
  • Le travail du sol doit respecter la structure du sol, et maintenir les populations des micro-organismes et animaux qui sont dans les environs du sol. Des techniques comme le paillis ou encore le non-labour sont encouragées ;
  • La fertilisation est obtenue grâce aux engrais verts et à du compost. L’objectif de ce type de fertilisation est de maintenir un taux d’humus élevé, afin d’assurer une fertilité durable et de garantir une alimentation hydrique assez régulière.
  • Les traitements phytosanitaires sont réduits au minimum. Ces traitements sont biodégradables, et sont utilisés dans la lutte contre les parasites.

Plusieurs autres pratiques ont à découvrir. Cependant, vous devez savoir que les pratiques agro écologiques doivent respecter au maximum les principes de l’écologie, et ces principes, favorisent la conservation de la nature.

Quelques avantages de l’agroécologie

L’agriculture et l’écologie ont plusieurs avantages. En ce qui concerne l’agriculture, en majorité, elle permet de nourrir une population. Pour ce qui est de l’écologie, elle permet de conserver son environnement. L’agroécologie aussi présente certains avantages. L’un des premiers avantages pour le cultivateur, l’agroécologie fait gagner de l’espace. En effet, l’agriculteur peut faire plusieurs cultures sur un même espace. Par exemple, sur un terrain de 500 mètres carrés, on peut cultiver à la fois le maïs et le haricot. Mais il est important de voir la compatibilité de ces deux cultures à rester ensemble. L’agroécologie et plus précisément l’agroforesterie, est utilisée pour diversifier les productions, pour réguler les flux hydriques, et éventuellement pour fixer de l’azote, et ainsi favoriser les auxiliaires de culture. L’agroécologie favorise aussi le reboisement de terrains non utilisés afin de produire des sources de combustibles, et une pharmacopée naturelle. Les avantages de cette science sont multiples. De plus en plus de cultivateurs se mettent à cette pratique.